Marie & François Giraud
DOMAINE GIRAUD
RHÔNE / Châteauneuf-du-Pape
« C’est un métier difficile, c’est vrai… Mais tu es libre. »

Châteauneuf-du-Pape... Le nom fait rêver, que l’on s’y connaisse ou non en vin. Un nom qui sonne comme une légende, emplie d’Histoire et de mystère. Chez les Giraud, l’histoire de ce petit village perché, on la connaît par cœur.
Le vignoble est dans la famille depuis très longtemps, mais ce sont François et Marie, qui franchissent l’étape définitive au début des années 2000 : faire leur propre vin, en sortant de la coopérative du village. Les frangins sont parfaitement complémentaires : François se charge des vignes, Marie gère toute la partie commerciale. Entre les deux, il reste à vinifier justement : « Ça, on le fait tous les deux... C’est ce que l’on préfère ! ». Et justement, faire le vin, pour eux, c’est un jeu tout autant qu’un défi : à l’encontre d’un Châteauneuf traditionnel où les fameux 13 cépages autorisés sont assemblés, ici, on travaille dans la dentelle, en essayant notamment de traduire la spécificité du terroir de chacune des parcelles... Quitte à proposer des cuvées parcellaires, en monocépage.
« C’est un métier difficile, c’est vrai... Mais tu es libre. »
Impossible de venir au domaine et de ne pas s’apercevoir de cette incroyable amitié qui unit le frère et la sœur. Et non contents de partager leur quotidien professionnel, ils partagent aussi leur passion du sport et de la nature, en réalisant ce truc de grands fous furieux qu’est le trail de montagne (à côté, le marathon, c’est de la balade en forêt). Un goût pour l’extérieur, pour la terre, qui les conduit tout naturellement à convertir le domaine en bio en 2008. Dans le coin, la seule vraie difficulté pour travailler sans chimie, ce sont les rendements, qui chutent drastiquement. Forcément, les premières années, ça peut être un peu dur économiquement avec une récolte divisée de moitié... D’autant plus que le domaine s’enorgueillit de belles mémés de 118 ans... qui ne peuvent plus produire autant que de jeunes pieds. Mais Marie ne regrette rien, bien au contraire : « On se remercie tous les ans d’être passé en biologique : chaque année, c’est meilleur. Nos vins sont plus équilibrés, avec plus de fraîcheur. Finalement, la terre nous le rend bien, tout ce travail... ».
© Texte Aurélie SOUBIRAN