Damien Vache
DOMAINE DE LA MONARDIÈRE
RHÔNE / Vacqueyras
"Une histoire de reconversion qui n’en est pas vraiment une. Des racines solides, et une jolie passerelle vers le futur…"

Damien a bien failli ne jamais devenir vigneron. Si son père, Christian, est bien originaire de Vacqueyras, il n’en est pas moins parti très vite, pour travailler à Grenoble en tant qu’ingénieur électronique. Il y rencontre sa femme, Martine, une savoyarde.
Et puis, soudain un virage professionnel et le retour au pays : « On avait envie de faire un truc ensemble ». Un aveu si simple et si étonnant à la fois...
La famille avait quelques vignes, 4 hectares, il a fallu en récupérer d’autres, et commencer raisonnablement, progressivement. Une partie de ce nouveau métier fut naturelle pour Christian. Il n’a pas eu besoin d’entreprendre une formation, lui qui avait grandi là, au milieu des coteaux :
« Avec mes frères, à 5 ans on ramassait les sarments dans les vignes. Je connaissais plein de choses, sans en avoir conscience. Même quand je vivais dans les Alpes, mes vacances étaient toujours calées en fonction des vendanges ! »
Des souvenirs d’enfance, une capacité de travail démesurée et un bon sens paysan, voilà de quoi réaliser son rêve... Faire son propre vin. Mais aussi, et Christian a toujours insisté là-dessus, l’importance des échanges avec les confrères : il a ainsi fondé les Toqués des dentelles, un groupement de vignerons du Rhône Sud passionnés de leur terroir... des vignerons paysans, pour la plupart en bio, qui mettent ainsi en commun leurs expériences et échangent sur leurs difficultés techniques.
Pour Christian et Martine Vache, cette question de travailler en bio allait dans le sens de leur itinéraire personnel : « On est partis de l’industrie pour ici... Pour nous c’était une évidence ».
Non content d’avoir sorti de terre un domaine entier, ce vigneron a également réussi ce difficile exercice de la passation : s’il se réserve aujourd’hui quelques vignes pour aller tailler tranquillement le dimanche matin, il a tenu à faire « place nette » pour son fils, Damien, qui dès 17 ans avait affirmé haut et fort son désir de le rejoindre au domaine. C’est chose faite depuis 2007.
La Monardière, c’est ça : une histoire de reconversion qui n’en est pas vraiment une. Des racines solides, et une jolie passerelle vers le futur...
© Texte Aurélie SOUBIRAN