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Frédéric Pourtalié

DOMAINE DE MONTCALMÈS

LANGUEDOC / Terrasses du Larzac

« Une figure incontournable du Languedoc, des vins d’une grande profondeur. »

Fred, c’est un paysan, un vrai, qui peut décourager certains visiteurs et leurs questions parfois superficielles. Mais dès que l’on entre dans le vif du sujet — son histoire oui, mais surtout, la vigne, le vin ! — Frédéric Pourtalier se révèle d’une grande sensibilité, d’une finesse et d’un humour qui fait mouche.
Pour ce vigneron du pays, qui a décidé en 1998 de revenir au domaine familial, l’ouverture aux autres est primordiale. Ouverture qui va de paire avec un grand respect envers ceux chez qui il a fait ses classes, que ce soit dans le Rhône ou en Champagne. Ainsi, on retrouve dans ses vins un joli melting-pot de toutes ces expériences : des macérations très longues, l’usage exclusif de levures indigènes, des élevages également longs, ou encore la mise sur lattes des bouteilles... Ouverture aussi vis-à-vis de la tradition, pour en tirer les bons enseignements : « Quand t’écoutes les anciens, tu te rends compte que les vins, faut pas trop les triturer... ». Pourtant, ce n’était pas gagné. Car dans la région, quand il a décidé de construire sa propre cave de vinification, il faisait alors une petite révolution locale : depuis son grand-père — et c’était une vérité pour toutes les exploitations ici — on apportait tout à la coopérative. Vinifier et élever ses vins, c’était du passé ! Ouverture enfin aux « étrangers », dont il me parle très vite dès qu’on aborde les particularités de ce coin du Languedoc : « Ce qui a vraiment été intéressant ici, ce sont ces gens extérieurs, comme Vincent*, qui ont amené du sang nouveau, et qui, quelque part, ont permis d’effacer les guerres de clocher ». Il parle très souvent de ces néo-vignerons venus s’installer dans les Terrasses du Larzac, et qui selon lui ont permis d’insuffler une énergie nouvelle... et salvatrice. Un souffle et une dynamique qui l’ont poussé à aller plus loin dans l’audace, en convertissant tout son domaine en bio. Frédéric voudrait aujourd’hui aller plus loin, notamment dans l’application de certains traitements qui relèvent de la biodynamie. Mais encore une fois, il aborde cela avec précaution et respect : « La bouse de vache, mon père, il a un peu de mal... ». Alors il y viendra, mais tranquillement : « Faut pas froisser les générations ». Un grand vigneron, qui sait regarder ailleurs, transmettre aussi... et grandir, toujours.
*Vincent Goumard du Mas Cal Demoura

© Texte Aurélie SOUBIRAN

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