Frénésie à Brouilly.

22 juin 2018 par Romuald Cardon / Agent

 

Où quand un vigneron de talent te présente son poulain.

Le Beaujolais fait partie de ces terroirs magnifiques, qui, par leur histoire, réussissent aujourd’hui l’acrobatie de conjuguer les pires clichés (« Ah ce Beaujolais nouveau qui fleure bon la banane ! ») et la notoriété des plus grandes régions. Tous les amateurs, tous les professionnels le savent : le Beaujolais recèle des pépites que l’on s’arrache parfois à prix d’or, c’est la terre des premiers grands vignerons qui ont su remettre en question des pratiques et travailler en nature. 

C’est le cas de Jean Foillard qui, depuis son village de Morgon, a participé à cette révolution du Beaujolais non trafiqué. Une volonté de faire de grands vins, de ceux que l’on peut faire vieillir en cave sans peur. Sa Côte de Py est désormais une référence, la cuvée incontournable de toute bonne cave.

Aujourd’hui, d’autres vignerons oeuvrent à la notoriété des terroirs du Beaujolais.

C’est le cas de Sébastien et Guillaume, deux amis qui rêvaient de créer leur propre domaine, tout deux passionnés de leur Beaujolais natal mais conscients que chez eux, en Côte de Brouilly, le vin n’est pas toujours bien valorisé. Alors ils sont partis, se sont formés et ont travaillé auprès de vignerons d’ici et d’ailleurs. Et l’une de ces rencontres s’est révélée déterminante : en 2010, Sébastien entre au domaine de Montcalmès pour un an. Il laisse ensuite sa place à Guillaume, qui lui restera… sept ans.

Au cœur des Terrasses du Larzac, auprès de Frédéric Pourtalié, les deux amis ont l’un après l’autre découvert une autre approche des sols, de la plante, et la magie d’une vinification toute en dentelle.

L’histoire se répète et ne se ressemble pas paraît-il… 

Il y près de 15 ans, un certain Frédéric Alary de l’Oratoire Saint-Martin me demandait de goûter les vins de son dernier stagiaire, Frédéric Pourtalié, qui prenait alors les rennes du domaine de Montcalmès. 

Aujourd’hui, c’est au tour de Frédéric Pourtalié de me présenter le vin de celui qui fut son stagiaire puis son bras droit, Guillaume Goujon. Vin réalisé avec son ami et associé… Sébastien Dupré. Car les deux amis ont réalisé leur rêve : monter un domaine de toute pièce chez eux, sur la face Sud du Mont Brouilly. Le domaine Dupré-Goujon, fruit d’une longue amitié, et de jolies coups de dés ;-)

Après 2 années d’élevage en fût puis 6 mois en bouteille, leur toute première – et unique ! – cuvée est prête. 

Voilà : des vignerons soucieux de laisser se faire les choses, confiants dans leurs convictions, fougueux dans leur amour des terroirs de Brouilly. Et un vin qui balaie toutes les recommandations, qui se défend à lui seul. 

L’occasion de comprendre la grandeur du Beaujolais, et la frénésie qui l’agite.